Valérie Cohen

BEL

Valérie Cohen est née en 1968 à Bruxelles où elle vit toujours.
La légende familiale raconte que dès son premier cri, elle s’est illustrée par un tempérament d’acier mêlé à une grande douceur. Une adolescence sans trop de claquements de porte, des études de droit, trois ls… et toujours des lectures jusqu’aux petites heures du jour pour combler son ADN de pigeon voyageur et ses envies d’ailleurs.
En 2009, dans un supermarché bio, une annonce attire son attention : « Stage d’écriture à Lyon ». Une intuition, une évidence et le plaisir de partager des mots jusqu’à présent écrits dans l’intimité de son bureau. Le point de départ d’une belle aventure : elle délaisse ses activités de juriste et troque ses codes civils pour des livres de développement personnel. Psychogénéalogie, reiki, biodanza,… ses passions sont nombreuses et l’éloignent un peu plus des contrats d’emphytéose. Elle découvre la richesse du hic et nunc et l’apprivoise doucement…
Elle se nourrit de ses rencontres, apprend, grandit… et écrit.

Des guides de tourisme destinés aux familles (Le Petit vadrouilleur, Éditions Clair de Lettre), des publicités pour poudre à lessiver ou des discours pour managers introvertis. Des articles pour la presse féminine où elle aura, notamment, la lourde tâche de tester des restaurants et des hôtels. Des dossiers de presse et des articles de divulgation médicale. Autant d’écrits hétéroclites vécus comme de joyeux apprentissages. Mais une fois encore, cet écolage la lasse. L’envie de sortir du cadre et du nombre de signes imposés la taraude. L’audace d’écrire des histoires la rattrape et ne la quitte désormais plus.

Tous les matins, face au vert de son jardin, Valérie Cohen écrit. Des récits tendres, lucides, foncièrement positifs qui abordent des problématiques liées à l’intime, à l’humain qu’elle aime tant. Les petites histoires qui jalonnent la Grande. La mort, les valises familiales portées malgré soi, le désir féminin, les synchronicités : autant de thèmes abordés dans ses cinq romans dont les quatre derniers ont été publiés aux Éditions Luce Wilquin. Valérie Cohen aime raconter la vie qui traverse les êtres, avec une légèreté teintée de profondeur et la croyance chevillée au cœur qu’une phrase dans un livre peut questionner, faire sourire et ouvrir des portes intérieures.

Qu’importe la couleur du ciel, Flammarion, mars 2022

Et si les arbres généalogiques comportaient une case pour les amis de toujours, les amours défuntes, les maîtres à penser, les sauveurs ? À quoi ressemblerait le vôtre ?

Aperto :

« Sybille ébouriffe les longs cheveux roux qui lui enca- drent le visage et s’immobilise non loin de la pièce réservée au personnel soignant. Elle veille à ce que ses nombreuses chaînes à breloques ne s’entrecognent pas et retient son souffle rapide, fébrile. Des bribes de conversation échangées entre les infirmières de garde lui parviennent. Comme souvent, elle se sent specta- trice d’un monde qui n’est plus le sien. Les giboulées qui ont détérioré les plantations de la terrasse de la cafétéria, l’esclandre fait par le mari de la patiente de la chambre 302 pour une ampoule défectueuse, la recette inratable du cake aux éclats de caramel de Philippe Conticini. Des instants de vie et des appa- rences, kaléidoscope géant de la nature humaine. Une normalité rassurante.
Avec d’infinies précautions, Sybille longe la cloison et s’arrête devant la porte de la chambre 309, priant pour que ses occupants dorment et qu’elle n’ait pas à justifier sa venue à une heure si tardive. Deux coups, trop légers pour être entendus. Ils restent sans réponse et elle pénètre dans la pièce surchauffée où règne une quiétude illusoire. La transgression la grise, l’interdit la réjouit. À la vue du spectacle, un sourire ému se dessine sur son visage. Elle se retient de déposer un long baiser chaleureux sur le front de la mère et de son bébé et reste là, immobile, la bouche pleine de mots qu’elle ne peut prononcer. Des émotions conte- nues, des pensées cadenassées. Comme souvent, sa joie est fracturée, fragmentée par des réminiscences d’hier. Elles s’infiltrent dans les interstices de son bonheur. Sa gorge se noue et un froid familier la traverse. Tout en ne quittant pas des yeux la femme endormie, Sybille accueille avec philosophie cette partie d’elle-même dont elle n’arrive pas à se défaire. Elle a beau colmater les plaies, son histoire la rattrape souvent. Elle a appris à vivre avec ce que l’existence lui a donné, mais aussi et surtout avec ce qu’elle lui a repris. »

Argument :

Sybille, indéniablement, y placerait sa famille de cœur, n’ayant pu donner la vie. Elle cultive avec sa meilleure amie Gisèle une complicité depuis plus de cinquante ans, et c’est dans sa maison ardennaise qu’elle se réjouit de fêter son anniversaire auprès de ses proches. C’était sans compter sur les révélations de Mila, la petite-fille de Gisèle. La jeune femme, par jeu, a eu recours à un test ADN dont les résultats viennent réveiller un passé trop longtemps tu et bousculer une légende familiale parcellaire.
Des êtres unis par la transmission des secrets de famille et qui ont choisi de passer outre, pour se reconstruire. D’autres qui refusent d’être emprisonnés dans des silences.
Vitale et mortelle à la fois, organisme vivant aux multiples facettes, la famille est un joli parterre de ronces.

 

Sortie simultanée du nouveau roman de Valérie Cohen, Qu’importe la couleur du ciel, après trois ans d’absence, et de Depuis, mon cœur a un battement de retard chez J’ai Lu.

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Photo : coll. part.