Alain Lallemand

BEL

Né en 1962 à Liège, Alain Lallemand se voulait Tintin, aspirait à un monde d’enquêtes et d’aventures où il croiserait Rackham le Rouge et le général Alcazar. En trente ans de grands reportages, correspondances de guerre et investigations internationales pour Le Soir de Bruxelles et d’autres quotidiens de Belgique et d’Europe, il a sillonné plus de quatre-vingts pays, couvert une demi-douzaine de conflits, écrit des milliers d’articles qui parlent de trafics et conflits, de gisements d’or, de diamants et d’émeraudes, de guérillas, de marchands d’armes, producteurs de stupéfiants et mafieux russes, au point – ignoti nulla cupido – de tomber amoureux du chaos et des intrigues du monde. Ses enquêtes lui ont valu plusieurs prix de presse américains et européens. Il a notamment participé aux Panama Papers, couronnés par le prix de journalisme le plus prestigieux des États-Unis, le Pulitzer.
À mesure que ces orages quittent l’actualité, le futur romancier conserve le souvenir précieux des zébrures du tonnerre, des tensions vécues, des rafales de vent et peurs traversées. Ces marques demeurent indemnes et renaissent au réexamen des carnets de notes, photos et documents. Après cinq à dix ans, il ne reste que les personnages, la puissance des tensions et les dilemmes, Lallemand s’empare de ces drames anciens et les fait revivre. 
Un bombardement manqué en plein marché populaire de Bagdad, où le journaliste évacue les corps, assiste les enfants orphelins (Ma plus belle déclaration de guerre, 2014). Les villages incendiés de l’Ouest africain où les exécutions sommaires et viols matérialisent l’enfer sur le sol des hommes (N’oubliez pas le guide, 2004). Les enfants afghans battus à sang pour un bout de savon volé (La femme héroïne, 2006). Sans oublier les feux d’artifice, comme le bonheur de connaitre l’amour dans un hamac, sous la canopée de la jungle colombienne (Et dans la jungle, Dieu dansait, 2016) ou la simple satisfaction d’entendre la nature s’éveiller lorsque cessent de tomber les premières bombes de la matinée (Ma plus belle déclaration de guerre, 2014).
Le projet romanesque se nourrit alors de dizaines de mètres cubes de clichés, documents confidentiels, enregistrements, carnets à spirale encore déformés par la sueur, que le romancier découvre comme s’il n’en était pas l’auteur, comme si le reporter les lui avait légués. Une invitation dans les endroits les plus secrets du monde, qu’ils soient hôpitaux souterrains talibans, centres militaires de cybercombat, laboratoires de cocaïne en Amazonie ou villégiatures mafieuses de la Côte d’Azur.

L'homme qui dépeuplait les collines

La quête au long cours d’un groupe de journalistes internationaux à la recherche de minerais précieux et d’informations en or

Mars 2017, au siège de Mediapart, dans une impasse du XIIe arrondissement de Paris, c’est l’effervescence : dix-neuf millions de documents confidentiels viennent de fuiter. Une leak à l’échelle mondiale. En majorité, des données bancaires, dans toutes les langues, en provenance de l’Afrique. Anciennes nations coloniales, La Belgique, La France, l’Italie, pour ne citer qu’eux, sont directement concernés. Une seule obsession pour l’équipe : remonter à la source.
En comparaison des dernières Football Leaks, Panama Papers et autres Malta Files, une bombe atomique.
Pendant ce temps-là dans le maquis de Kipupu, à l’Est de la République démocratique du Congo, un jeune Africain laissant derrière lui la mine de Kadumwa court, éperdument, vers son père, le cœur battant. Dans sa poche, un diamant.

Une autre bombe à retardement.

APERTO :

« – Jean-Jean, je veux que tu prennes la pierre, que tu la serres fort dans ta main et tu te mettes à marcher trois jours plein sud, jusqu’à la colline aux larges champs de thé et le village de ton cousin Siméon. Archange déposa la pierre dans le creux de la main de son fils et referma lui-même la main de l’enfant. Siméon n’est pas chez lui, il a pris les armes. Mais ses parents te diront où le trouver. Je pense que nous avons besoin de lui, Jean-Jean, besoin de ses compagnons. Pour défendre notre mine, nous aurions besoin d’une petite armée et de beaucoup d’armes.

Va, mon fils, va et mobilise l’autre colline. »

Actualités

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En partenariat avec l'agence Zeitgeist

Photo : coll. part.