Agnès LEDIG

FR

Agnès Ledig est née en 1972 à Strasbourg de parents instituteurs. Tombée dans les livres quand elle était petite, elle engage cependant des études scientifiques : un diplôme universitaire d’agronomie à Perpignan puis une spécialisation en production laitière en Normandie où elle travaille quelques années, lui laissant le temps d’y rencontrer son futur conjoint.
De retour en Alsace avec deux enfants dans les bagages, elle décide d’intégrer l’école de sages-femmes de Strasbourg, pour « prendre soin » des autres – son verbe de vie. En 2005, alors qu’elle termine ses études, son deuxième fils tombe gravement malade. Durant ces mois d’hospitalisation en chambre stérile, elle écrit tous les dimanches un bulletin pour donner des nouvelles à sa famille et à ses amis.
Une année plus tard, après le décès de son fils, le professeur du service l’encourage à poursuivre l’écriture par un « Vous savez écrire, vous allez faire du bien aux gens ».
Elle publie alors un premier roman, Marie d’en haut, chez Les nouveaux auteurs, en décrochant le coup de cœur des lectrices du prix Femme Actuelle. C’est alors que la maison d’édition Albin Michel la contacte pour publier son deuxième roman, Juste avant le bonheur, qui, sans être autobiographique, aborde le thème du deuil d’un enfant et est élu « Prix maison de la presse 2013 ».
Ce titre connaît un succès fulgurant (plus de 500 000 exemplaires vendus à ce jour).
En 2014 sort Pars avec lui, toujours chez Albin Michel, abordant le thème des violences conjugales, directement puisé de son expérience professionnelle de sage-femme libérale, activité qu’elle cesse d’exercer en 2015 pour se consacrer pleinement à l’écriture.
En 2016 est publié On regrettera plus tard, qui fait la part belle à la région alsacienne, suivi en 2017 par De tes nouvelles, qui poursuit l’histoire de ces personnages.

Dans le murmure des feuilles qui dansent est son dernier roman publié aux éditions Albin Michel en mars 2018.

En février 2020 Agnès publie Se le dire enfin chez son nouvel éditeur, Flammarion. Suivront la série des Mazette (deux volumes) avec son illustrateur fétiche Frédéric Pillot publiée au Père Castor ; un inédit audio, Compter les couleurs (publié en version papier en octobre 2021) puis La Toute Petite Reine (Flammarion, 2021) et le projet XXL du Petit Poucet, toujours avec Frédéric Pillot, paru dans le cadre des 90 ans du Père Castor.

Chaque histoire constitue une rencontre entre des êtres sensibles que la vie n’a pas épargnés mais qui se font la courte échelle pour remonter ensemble vers la lumière de l’espoir. Ainsi, après avoir été très présent dans son métier médical, son verbe de vie, « prendre soin », s’inscrit désormais dans une dimension littéraire.
Elle s’intéresse particulièrement au thème des enfants à haut potentiel, sujet qu’elle connaît pour avoir été elle-même précoce et hypersensible et avoir eu trois enfants dans cette situation.

Et parce que la poésie tient une grande place dans sa sensibilité, elle écrit depuis quelques mois des textes de chansons, et des poèmes, pour raconter des histoires autrement, et toucher les cœurs en musique.

Agnès Ledig aime rire et écrire en rimes, se promener dans la nature, à laquelle elle fait une place de choix dans ses livres, mais aussi créer de ses mains – poterie, couture, piano, jardinage. Sa curiosité et son envie d’apprendre sont insatiables et elle rêve, entre autre, d’apprendre un jour la langue des signes.
Mais toujours, elle garde en tête de faire sa part pour améliorer la douceur de vivre autour d’elle, en faisant de son mieux dans le respect et la bienveillance.

Agnès est également devenue, en novembre 2018, Ambassadonneuse auprès de l’Etablissement Français du Sang afin de promouvoir le don de sang au près du grand public. Son expérience de sage-femme et de maman d’un enfant ayant eu recours à de nombreuses transfusions l’a rendue particulièrement attentive aux besoins dans ce domaine, et relayer l’appel à la générosité de chacun contribue au quotidien à donner du sens à son métier d’auteure.

Sic itur ad astra.

« C’est ainsi que l’on s’élève vers les étoiles. »

Agnès Ledig est traduite en 19 langues

La toute petite reine, Flammarion, octobre 2021

 

Aperto :

« Je me suis assis sur le banc de la terrasse. À l’ombre de la glycine qui commence à perdre ses feuilles. Le raisin qui grimpe le long du mur de la remise termine de mûrir. Une variété ancienne. Je leur avais offert ce pied à la naissance d’Adélie. Ils ont grandi ensemble.
Le bruit de la ville remonte, étouffé par la distance qui nous sépare du centre qui fourmille.
Le Mont National surplombe Obernai et offre une vue magnifique sur la plaine d’Alsace et les premiers contreforts vosgiens. Les filles sont nées à la maternité en contrebas, ont passé toute leur enfance ici, école primaire, collège, lycée. Je me souviens de ces moments où Capucine avait honte de venir du « quartier des riches », celui qui domine le reste de la ville. Stig- matisée par certains élèves, enviée par d’autres. Attendue au tournant par quelques profs – les enfants de parents aisés sont forcément bons élèves. Je ressentais avec beaucoup de peine ce fossé qui se creusait en elle. D’un côté l’injustice qu’elle ne sup- portait pas concernant ma situation précaire, de l’autre l’admi- ration pour son père, sa réussite. Et le besoin qu’il soit fier d’elle en retour. Un besoin au-delà du raisonnable.
D’ici, on aperçoit le toit de ma maison. Dire que j’aurais pu avoir une belle villa comme mon frère. Broyée par le sys- tème scolaire, mon intelligence n’est jamais entrée dans aucune de ses cases. Je m’en suis rendu compte trop tard. Mais qu’aurais-je fait d’une grande maison comme celle- là ? Je ne suis pas fait pour vivre avec quelqu’un.
Cette grande maison, Capucine y vit seule aujourd’hui. Adélie a préféré occuper le petit appartement de Strasbourg que leur père utilisait parfois quand le programme opératoire se prolongeait tard dans la soirée. Elle voulait aussi prendre son indépendance à l’égard de sa sœur, parfois trop exigeante, trop perfectionniste.
J’aperçois Capucine sur le sentier tout en bas. Elle court vite. Elle a pourtant encore tous les escaliers du coteau à monter. Sa silhouette fluette vole au-dessus du sol et la pente ne l’effraie pas.
Dans quelques minutes, elle sera là, peut-être surprise de me voir, peut-être pas. Je ne saurai pas quoi dire. Elle me demandera comment je vais, alors que c’est elle qui est en petit tas compact. Toujours à penser aux autres avant elle- même, comme son père. Il était doué dans son domaine, efficace, empathique avec les parents, la vie de leur enfant entre ses mains. Il a dû penser à ses filles juste avant de mourir, se dire qu’il ne les reverrait pas, le cœur broyé par la peur quant à leur avenir. Et moi, j’aurais tellement voulu le rassurer. »

Argument :

Adrien, 30 ans, est maître-chien dans une gendarmerie d’Alsace après avoir été soldat au Mali. Son plus fidèle ami s’appelle Bloom, chien hypersensible et entraîné à sonder les colis suspects mais peut-être mieux encore l’âme humaine.

Une fin d’été à la gare de Strasbourg, Adrien est appelé avec Bloom pour un contrôle de sécurité. C’est là qu’ils vont croiser la route de Capucine Claudel, jeune femme dont les sanglots vont bouleverser Adrien. Cette rencontre le poursuit jusque dans le cabinet de sa thérapeute. Lorsqu’il aperçoit Capucine dans la même salle d’attente, Adrien n’a plus de doute : le hasard est guidé par des forces qui le dépassent. Il ne soupçonne pas ce qu’il va découvrir sur elle, sur lui, sur les drames qui les ont menés l’un à l’autre.

Les chemins cabossés d’Adrien et de Capucine étaient faits pour se croiser, comme ceux de leurs psys Diane et Denis, ou encore de l’oncle Bernard, jardinier-poète au passé douloureux, ou encore d’un petit vieux arrimé à son banc surplombant la campane vosgienne. Et c’est ensemble qu’ils pourront les réparer.

Actualités

Sortie en novembre 2021 de la réécriture du conte de Charles Perrault en prose et en vers, habillé des magnifiques peintures à l’acrylique en version album XXL par Frédéric Pillot !

https://youtu.be/FkQvRpW7Q2g

Sortie en octobre 2021 de l’inédit Compter les couleurs, dans lesquels on retrouve des protagonistes de Se le dire enfin aux moments de l’enfance et de l’adolescence, instants si précieux et fragiles où l’on dessine nos contours d’adultes.

Agnès Ledig figure parmi les personnalités alsaciennes de l’année 2022 !

20Minutes-Strasbourg

 

 

Photo : Geraldine Aresteanu